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Les aquarelles et les histoires de Coco

  • lecercledesphoenix4
  • 7 juil.
  • 3 min de lecture

Notre bibliothécaire est décidemment pleine de talent !

Si vous passez par nos locaux, venez découvrir ses aquarelles pleines de finesse.



Et lorsque qu'elle ne dévore pas les livres du local et qu'elle ne peint pas, Coco se laisse inspirer par l'histoire du Phénix qui trône sur la fontaine d'une des villes de notre département (dont je ne révèlerai pas le nom ici pour ne pas gâcher le suspense).




Petite histoire dans l’Histoire


Il était une fois une petite ville paisible où l’on vivait bien. Les vignerons, artisans du textile, foulons et tanneurs, jouent un rôle important dans l’économie locale. Un château surplombe la vallée, un château de bois, on est en 1723.

Comme aujourd’hui, iI fait chaud en ce dimanche 20 juin. Et depuis le printemps la pluie s’est faite rare. La sécheresse gagne. Le vent s’est levé et le feu qui couve quelque part dans la ville s’embrase. Terrible fût l’incendie.

La majeure partie de la ville est dévastée. Les dégâts sont considérables et brisent tout espoir de retour à la prospérité. Les maisons et les bâtiments, construits essentiellement en bois, en torchis et en chaume sont vulnérables et se consument vite. Malgré les efforts incommensurables des habitants pour sauver leur ville il ne reste que peu de choses.

Rapidement informé le jeune roi Louis XV envoie son architecte pour dessiner un nouveau plan de ville. Il veut reconstruire en mieux. Du bois à la pierre, du feu à la modernité, les rues seront plus larges, les bâtiments plus solides. Ainsi la ville est reconstruite dans le style classique de l’époque, un modèle urbanistique sobre certes, mais raffiné et beaucoup plus fonctionnel. La ville nouvelle s’ordonne autour d'une nouvelle grande place rectangulaire qui devient le cœur de la ville. Elle prend ainsi un nouvel élan, laissant derrière elle les rues sombres et étroites du Moyen Age.

La vie suit son cours. Forte de 5000 habitants, la ville prospère, elle devient un comté et domine un vaste territoire.



Mais le feu reviendra. Alors que la guerre franco prussienne fait rage, la ville est désarmée. Toutes les compagnies républicaines ont battu en retraite. Seule, livrée à elle-même, le 18 octobre 1870, la ville est envahie. Il s’ensuit une longue et sanglante bataille de maison en maison. Dans un ultime sursaut de vie, elle se rebelle. La fronde populaire fût totale, hommes et femmes réunis, les francs-tireurs et gardes nationaux de la ville font face à une division prussienne dix fois plus nombreuse. Au terme d’une bataille acharnée mais d'un repli , hélas, inévitable, la ville est incendiée. Comme autrefois les dommages sont considérables. Deux cent soixante trois maisons ont brûlé, les édifices publics sont réduits à néant et les habitants sont martyrisés. Mais la ville vit, les journaux d’Europe la célèbrent comme la plus belle prouesse de la campagne. De ce fait d’arme héroïque, elle recevra, en 1877, la plus haute distinction de l’état français : la Croix de la Légion d’Honneur.

En 1943, c’est d’un autre feu dont il s’agit, plus destructeur encore. Pendant 5 jours, 50 bombardiers ont survolé la ville et le 15 septembre tout a basculé. Le terrain d'aviation est bombardé. Les hangars sont touchés et le feu qui les consume s’attaque aux champs et aux fermes environnantes. 13 aviateurs seront tués.

Le sort s’acharne encore, en février 1944, 828 bombes larguées détruisent 22 immeubles et endommagent 90 autres. La ville est à feu et à sang. On dénombre 21 tués et 40 blessés.

Mais la Résistance encore s’organise. De simples citoyens que la guerre a transformés en combattants du quotidien ont pris les armes et après 5 jours de combats décisifs, le 17août 1944, la ville est libérée par les forces américaines.



Cette ville qui a traversé les époques et les épreuves depuis le moyen âge se souvient. Les vestiges du temps jadis s’écrivent avec de nouvelles histoires, de nouvelles architectures, de nouvelles créations. Résiliente elle a su toujours se reconstruire.


Cette ville c’est Châteaudun.


Le grand incendie de 1723 et toutes les guerres qui ont pu l’atteindre n’ont pas eu raison de sa foi et de sa détermination. Depuis lors elle a créé sa devise comme un défi face à l’adversité :




" Éteinte je renais "


Et le Phoenix, qui trône fièrement au sommet de la grande fontaine du cœur de ville, veille et protège.


A tous les Phoenix et ceux qui veillent sur eux

Corinne (BiblioCo)


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